Recevoir un avis de contravention est une situation courante et souvent source de frustration. Que l'infraction ait été constatée par un agent, un radar automatique ou via un procès-verbal électronique (PVe), il est essentiel de savoir que vous disposez de droits et de recours pour contester une amende routière. Il ne s'agit pas toujours d'une acceptation passive, surtout si vous estimez que l'amende est injustifiée, qu'il y a eu une erreur de procédure ou que vous n'étiez pas responsable des faits.
Dans cet article, nous allons détailler l'ensemble des étapes à suivre pour contester une amende routière en France en 2026. Nous aborderons les délais impératifs, les documents à rassembler, les différents types de recours administratifs et les arguments juridiques à mobiliser. Notre objectif est de vous fournir une feuille de route claire et des conseils d'experts pour défendre au mieux vos intérêts face à l'administration.
Réponse rapide : Pour contester une amende routière, vous devez adresser une requête en exonération ou une réclamation motivée à l'Officier du Ministère Public (OMP) dans un délai de 45 jours (ou 30 jours pour une amende majorée) à compter de la date d'envoi de l'avis de contravention. Joignez l'original de l'avis et toutes les preuves pertinentes, et dans certains cas, effectuez une consignation préalable. Le non-respect des délais ou un dossier incomplet peut entraîner le rejet de votre contestation.
Les acteurs clés et leurs rôles dans la contestation d'amende
Lorsque vous décidez de contester une amende routière, plusieurs entités administratives et juridiques entrent en jeu, chacune avec un rôle spécifique. Comprendre qui fait quoi est essentiel pour adresser votre demande au bon interlocuteur et suivre la procédure adéquate.
L'Officier du Ministère Public (OMP)
L'Officier du Ministère Public est le premier et principal interlocuteur pour toute contestation d'amende. C'est à lui que vous devez adresser votre requête en exonération ou votre réclamation. L'OMP est rattaché au Tribunal de police du lieu de l'infraction et est chargé d'apprécier la recevabilité de votre contestation. Il peut décider de classer sans suite l'affaire, de vous renvoyer devant le Tribunal de police, ou de rejeter votre demande si elle est jugée irrecevable ou infondée.
L'Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI)
L'ANTAI est l'organisme qui gère le traitement des infractions routières constatées par les radars automatiques ou via le procès-verbal électronique (PVe). C'est souvent l'ANTAI qui vous envoie l'avis de contravention. Bien que l'ANTAI ne soit pas directement le destinataire de votre contestation, son site internet est une plateforme clé pour effectuer certaines démarches en ligne, notamment pour télécharger les formulaires de requête en exonération ou pour payer l'amende.
Le Tribunal de police
Si l'Officier du Ministère Public rejette votre contestation ou vous y renvoie, votre affaire pourra être examinée par le Tribunal de police. C'est une juridiction pénale qui statue sur les contraventions. Le juge du Tribunal de police examinera votre dossier, vos arguments et les preuves que vous avez fournies. Il pourra confirmer l'amende, la réduire, la supprimer, ou prononcer des peines complémentaires comme la suspension du permis de conduire ou le retrait de points. Il est important de noter que le Code de la route et le Code de procédure pénale encadrent strictement les compétences et les procédures devant cette juridiction.
Le Trésor Public
Le Trésor Public intervient pour le recouvrement des amendes. Si votre contestation est rejetée et que l'amende est maintenue, c'est au Trésor Public que vous devrez régler le montant dû. En cas de non-paiement, il est susceptible d'engager des procédures de recouvrement forcé, comme l'émission d'une amende forfaitaire majorée ou des saisies sur salaire ou compte bancaire.
Les délais impératifs pour contester une amende routière en 2026
Le respect des délais est l'un des aspects les plus critiques pour toute contestation d'amende. Ne pas agir dans les temps impartis peut entraîner l'irrecevabilité de votre demande, vous privant ainsi de toute possibilité de recours. Les délais sont fixés par le Code de procédure pénale et varient selon le type d'amende et la date de sa notification.
Délai pour l'amende forfaitaire
Pour une amende forfaitaire classique (avis de contravention), vous disposez généralement d'un délai de 45 jours à compter de la date d'envoi de l'avis pour adresser votre contestation à l'Officier du Ministère Public. Si l'avis a été remis en mains propres (par exemple, par un agent), le délai court à partir de cette date.
Délai pour l'amende forfaitaire majorée
Si vous n'avez pas payé l'amende forfaitaire dans les délais ou si votre contestation initiale a été rejetée, l'amende devient une amende forfaitaire majorée. Le délai pour la contester est alors réduit à 30 jours à compter de la date d'envoi de l'avis d'amende forfaitaire majorée. Ce délai est crucial et doit être respecté avec la plus grande rigueur, car il est plus difficile de faire valoir ses droits une fois ce stade atteint.
Délai pour les amendes issues de procès-verbaux électroniques (PVe)
Les amendes PVe suivent les mêmes règles de délai que les amendes forfaitaires classiques. Le délai de 45 jours court à partir de la date d'envoi de l'avis de contravention électronique ou papier.
Points de vigilance concernant les délais
- Date d'envoi vs. Date de réception : Les délais courent à partir de la date d'envoi de l'avis, et non de sa réception. Il est donc impératif de réagir rapidement dès réception.
- Mode d'envoi : Pour prouver le respect des délais, nous recommandons toujours d'envoyer votre contestation par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). La date d'envoi du recommandé fait foi.
- Jours ouvrables vs. Jours calendaires : Les délais sont généralement exprimés en jours calendaires, incluant les week-ends et jours fériés. Si le dernier jour tombe un week-end ou un jour férié, le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant.
Voici un tableau récapitulatif des délais à respecter pour contester une amende routière :
| Type d'amende | Délai de contestation | Point de départ du délai | Destinataire |
|---|---|---|---|
| Amende forfaitaire (avis de contravention) | 45 jours | Date d'envoi de l'avis | Officier du Ministère Public (OMP) |
| Amende forfaitaire majorée | 30 jours | Date d'envoi de l'avis majoré | Officier du Ministère Public (OMP) |
| Amende PVe | 45 jours | Date d'envoi de l'avis | Officier du Ministère Public (OMP) |
Documents et preuves à fournir pour un dossier solide
Un dossier de contestation incomplet est une cause fréquente de rejet. Pour maximiser vos chances de succès, il est crucial de rassembler toutes les pièces justificatives pertinentes et de les organiser méticuleusement. La nature des documents dépendra du motif de votre contestation.
Documents obligatoires à joindre
- L'original de l'avis de contravention : C'est la pièce maîtresse. Ne l'oubliez jamais, et faites-en une copie pour vos archives.
- Le formulaire de requête en exonération : Ce formulaire est souvent joint à l'avis de contravention. Il doit être rempli avec précision et signé. Si vous n'avez pas le formulaire, vous pouvez le télécharger sur le site de l'ANTAI ou rédiger une lettre libre (mais le formulaire est préférable).
- Une lettre de contestation motivée : Même avec le formulaire, une lettre complémentaire expliquant en détail les motifs de votre contestation et les arguments juridiques peut renforcer votre dossier. C'est ici que vous décrivez les faits (
description_faits) et exposez votre point de vue.
Pièces justificatives selon le motif de contestation (preuves)
Les preuves à fournir varient considérablement en fonction de la raison pour laquelle vous contestez l'amende. Voici quelques exemples :
- Vol ou destruction du véhicule : Copie du dépôt de plainte pour vol, copie de la déclaration de destruction du véhicule à la préfecture.
- Vente du véhicule : Copie de la déclaration de cession du véhicule à la date des faits, accusé d'enregistrement de la cession par la préfecture.
- Usurpation de plaque d'immatriculation : Copie du dépôt de plainte pour usurpation de plaque, copie du nouveau certificat d'immatriculation avec le nouveau numéro.
- Autre conducteur : Attestation sur l'honneur du conducteur au moment des faits, copie de son permis de conduire, copie de sa pièce d'identité. Attention, dans ce cas, l'amende sera transférée à cette personne.
- Erreur matérielle (ex: mauvaise lecture de plaque, lieu) : Photos du lieu, témoignages (attestations sur l'honneur avec copie de pièce d'identité), factures prouvant votre présence ailleurs, relevés GPS.
- Problème technique (ex: radar défectueux) : Preuves de dysfonctionnement du véhicule ou du radar si vous en avez (rare pour un particulier).
- Urgence médicale ou situation de force majeure : Certificat médical, attestation d'hôpital, tout document prouvant l'urgence impérieuse.
N'oubliez pas d'inclure la référence de votre dossier (reference_dossier) sur tous les documents envoyés.
La consignation préalable : une étape parfois obligatoire
Dans certains cas, notamment pour les infractions au Code de la route relatives à la vitesse ou au stationnement, la loi exige une consignation préalable pour que votre contestation soit recevable. Il s'agit de déposer une somme d'argent équivalente au montant de l'amende forfaitaire. Cette somme n'est pas un paiement de l'amende, mais une garantie. Si votre contestation est jugée fondée, la consignation vous sera remboursée. Si elle est rejetée, la consignation sera encaissée comme paiement de l'amende. L'obligation de consignation est clairement indiquée sur le formulaire de requête en exonération.
Procédure étape par étape pour contester une amende routière
La procédure de contestation d'une amende routière est strictement encadrée. Suivre ces étapes méthodiquement est crucial pour éviter les erreurs qui pourraient invalider votre démarche.
Étape 1 : Analyser l'avis de contravention (date_decision, reference_dossier)
Dès réception de l'avis, examinez-le attentivement. Vérifiez la date de l'infraction (date_faits), le lieu, la nature de l'infraction, le montant de l'amende et surtout la date d'envoi de l'avis. C'est cette date qui déclenche les délais de contestation. Identifiez également le numéro de l'avis de contravention (reference_dossier), indispensable pour toute démarche.
Étape 2 : Identifier le motif de contestation et rassembler les preuves (description_faits, preuves)
Déterminez clairement pourquoi vous souhaitez contester. Est-ce une erreur matérielle, une usurpation, l'identification du conducteur ? Une fois le motif établi, rassemblez toutes les preuves et documents justificatifs que nous avons listés précédemment (preuves). La pertinence et la solidité de ces preuves sont déterminantes.
Étape 3 : Remplir le formulaire de requête en exonération ou rédiger une lettre motivée
Utilisez le formulaire de requête en exonération joint à l'avis de contravention. Remplissez-le avec soin, en cochant la case correspondant à votre motif de contestation et en y joignant les documents. Si vous optez pour une lettre libre (moins recommandé mais possible), veillez à y inclure toutes les informations nécessaires : vos coordonnées complètes (adresse), la référence de l'avis (reference_dossier), la date des faits (date_faits), la description détaillée des faits et de vos arguments (description_faits), et la liste des pièces jointes.
Étape 4 : Effectuer la consignation si nécessaire
Si votre cas l'exige, effectuez la consignation préalable. Le paiement peut généralement se faire en ligne, par téléphone ou par chèque. Conservez précieusement la preuve de cette consignation.
Étape 5 : Envoyer votre contestation à l'Officier du Ministère Public (destinataire, organisme)
Adressez votre dossier complet à l'Officier du Ministère Public (OMP). L'adresse de l'OMP est indiquée sur l'avis de contravention ou le formulaire de requête en exonération. Nous vous conseillons fortement d'envoyer votre contestation par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). C'est la seule preuve juridique de l'envoi et de la réception de votre demande dans les délais. Gardez la preuve de dépôt et l'avis de réception.
Étape 6 : Attendre la décision de l'OMP et les recours éventuels
Après réception de votre contestation, l'OMP dispose d'un certain temps pour l'examiner. Il peut prendre plusieurs décisions :
- Classement sans suite : Votre contestation est acceptée, l'amende est annulée.
- Renvoi devant le Tribunal de police : L'OMP estime que l'affaire nécessite un examen approfondi par un juge. Vous serez convoqué.
- Rejet de la contestation : L'OMP estime votre demande irrecevable ou infondée. Vous recevrez un avis de rejet et l'amende sera maintenue.
En cas de rejet, vous avez la possibilité de faire un recours contentieux devant le Tribunal de police, ou de saisir le médiateur de la République si le litige persiste avec l'administration.
Attention : piège fréquent
Comme nous le constatons régulièrement, le piège le plus fréquent et le plus dommageable est de ne pas respecter les délais de recours ou d'envoyer un dossier incomplet. En effet, "Ne pas respecter les délais de recours ou envoyer un dossier incomplet peut fermer certaines voies de contestation." Une fois les délais dépassés, ou si des pièces essentielles manquent, votre contestation sera d'office déclarée irrecevable par l'Officier du Ministère Public, sans examen du fond de l'affaire. Cela signifie que l'amende sera maintenue et pourra même être majorée. Il est donc impératif de vérifier deux fois les délais et de s'assurer que toutes les pièces requises sont bien jointes avant l'envoi.
Recours possibles en cas de difficultés ou de rejet
Si votre contestation initiale est rejetée par l'Officier du Ministère Public, ou si vous rencontrez des difficultés dans la procédure, sachez que d'autres voies de recours existent pour défendre vos droits.
Le recours contentieux devant le Tribunal de police
Si l'OMP rejette votre requête en exonération, vous pouvez former un recours contentieux directement devant le Tribunal de police. Ce recours doit être motivé et envoyé dans les délais impartis (généralement 30 jours après la notification du rejet). Le juge du Tribunal de police examinera l'ensemble de votre dossier, y compris les arguments et preuves que vous avez déjà présentés, ainsi que d'éventuels éléments nouveaux. Il pourra vous convoquer pour une audience. C'est une étape plus formelle qui peut nécessiter l'assistance d'un avocat, surtout si l'affaire est complexe ou si les enjeux sont importants (retrait de nombreux points, suspension de permis).
Le recours hiérarchique ou gracieux
Bien que moins formel pour les amendes routières, un recours gracieux (demande amiable à l'autorité qui a pris la décision) ou hiérarchique (à l'autorité supérieure) peut parfois être envisagé, notamment si vous estimez qu'une erreur manifeste a été commise et que l'OMP n'a pas tenu compte de certains éléments. Cependant, pour les amendes, la voie contentieuse est généralement la plus appropriée après le rejet de l'OMP. Pour d'autres contestation de décision administrative, un recours gracieux peut être très efficace.
La saisine du Médiateur de la République
Si toutes les voies de recours classiques ont été épuisées et que vous estimez toujours être victime d'une injustice, vous pouvez saisir le médiateur de la République. Le médiateur est une autorité indépendante chargée de faciliter la résolution amiable des litiges entre les citoyens et les administrations. Il ne peut être saisi qu'après avoir tenté une première démarche auprès de l'administration concernée et après l'échec de celle-ci. Son rôle est de trouver une solution amiable, mais il n'a pas le pouvoir de modifier une décision de justice. Saisir le médiateur est une démarche de dernier recours, souvent utilisée pour des problèmes de procédure ou de communication avec l'administration.
Conséquences juridiques de la contestation (positives et négatives)
Contester une amende routière n'est pas sans conséquences, qu'elles soient positives en cas de succès ou négatives en cas d'échec ou d'absence de démarche.
Conséquences positives en cas de succès
- Annulation de l'amende : Si votre contestation est acceptée, l'amende est purement et simplement annulée. Vous n'avez rien à payer et la consignation est remboursée.
- Pas de retrait de points : En cas d'annulation de l'amende pour une infraction entraînant un retrait de points, aucun point ne sera retiré de votre permis de conduire.
- Pas d'inscription au casier judiciaire : Les contraventions ne sont généralement pas inscrites au casier judiciaire (bulletin n°2), mais une condamnation par le Tribunal de police peut y figurer dans certains cas. L'annulation de l'amende évite toute mention.
Conséquences négatives en cas d'échec ou d'absence de contestation
- Maintien de l'amende et majoration : Si votre contestation est rejetée ou si vous ne contestez pas dans les délais, l'amende doit être payée. En cas de retard de paiement, elle sera majorée, parfois considérablement.
- Retrait de points : Si l'infraction est confirmée et qu'elle entraîne un retrait de points, ces points seront effectivement retirés de votre permis de conduire.
- Poursuites judiciaires : Si vous refusez de payer une amende majorée, le Trésor Public peut engager des procédures de recouvrement forcé (saisie sur compte bancaire, sur salaire, etc.). Dans certains cas graves, une convocation devant le Tribunal de police peut aboutir à des peines plus lourdes (suspension de permis, stage de sensibilisation, etc.), notamment si vous avez été renvoyé devant le juge et que vous ne vous êtes pas présenté ou n'avez pas convaincu le tribunal.
- Coûts supplémentaires : Les frais de procédure (LRAR, avocat si besoin) peuvent s'ajouter au montant de l'amende.
Exemples concrets de contestation d'amende
Pour illustrer les démarches, voici deux situations réelles de contestation d'amende routière.
Exemple 1 : Contestation pour erreur d'identification du conducteur
Marc, propriétaire d'un véhicule à Lyon, a reçu un avis de contravention pour un excès de vitesse constaté par radar automatique à Nice. Or, à la date et l'heure de l'infraction (date_faits), Marc était en déplacement professionnel à l'étranger, comme en attestaient ses billets d'avion et ses réservations d'hôtel. Le véhicule était en réalité utilisé par son cousin, à qui il l'avait prêté. Marc a immédiatement rempli le formulaire de requête en exonération, cochant la case "autre conducteur". Il a joint l'original de l'avis de contravention (reference_dossier), une copie de ses billets d'avion et de ses réservations, ainsi qu'une attestation sur l'honneur de son cousin reconnaissant avoir conduit le véhicule, accompagnée d'une copie de son permis de conduire et de sa pièce d'identité. L'ensemble a été envoyé par LRAR à l'Officier du Ministère Public (destinataire) dans les 45 jours. Après quelques semaines, Marc a reçu un avis de classement sans suite, et son cousin a reçu un nouvel avis de contravention à son nom.
Exemple 2 : Contestation pour usurpation de plaque d'immatriculation
Sophie, résidant à Bordeaux, a été surprise de recevoir plusieurs avis de contravention pour des stationnements impayés à Paris, alors qu'elle n'avait pas quitté sa région depuis des mois. Elle a rapidement compris qu'elle était victime d'une usurpation de plaque d'immatriculation. Dès réception du premier avis (date_decision), Sophie s'est rendue à la gendarmerie pour déposer plainte pour usurpation de plaque. Elle a ensuite rempli le formulaire de requête en exonération pour chaque amende reçue, en joignant une copie du dépôt de plainte, et une demande de nouveau certificat d'immatriculation (carte grise) pour obtenir un nouveau numéro d'immatriculation. Elle a envoyé chaque dossier par LRAR à l'OMP (organisme) dans les délais impartis. Les amendes ont été annulées, et Sophie a pu obtenir une nouvelle plaque pour son véhicule, évitant ainsi de futures mésaventures.
Quelles sont vos chances d'obtenir gain de cause ?
Les chances de succès pour contester une amende routière dépendent fortement de la solidité de votre dossier et de la pertinence de vos arguments. Nous constatons que certaines situations sont plus favorables que d'autres.
Situations favorables au demandeur
- Erreur manifeste : Si l'avis de contravention contient une erreur matérielle flagrante (numéro de plaque incorrect, date ou lieu des faits impossible, véhicule non conforme à la description).
- Non-identification du conducteur : Si vous n'étiez pas le conducteur au moment des faits et que vous pouvez identifier le réel conducteur ou prouver que vous ne pouviez pas être au volant (vol, vente du véhicule, déplacement prouvé).
- Vice de procédure : Si vous pouvez prouver un manquement aux règles de procédure (par exemple, un radar non homologué ou non vérifié, bien que cela soit difficile à prouver pour un particulier).
- Force majeure : Une situation imprévisible et irrésistible qui vous a contraint à commettre l'infraction (par exemple, une urgence médicale grave).
Situations défavorables
- Absence de preuves : Contester sans apporter d'éléments concrets pour étayer vos dires est souvent voué à l'échec.
- Non-respect des délais : C'est la cause la plus fréquente de rejet. Une contestation hors délai sera déclarée irrecevable.
- Motif de contestation non valable : Argumenter que vous n'avez pas vu le panneau, que vous étiez pressé, ou que l'amende est trop chère ne constitue pas un motif juridique valable.
- Oubli de la consignation : Si une consignation est obligatoire et que vous ne l'effectuez pas, votre contestation sera irrecevable.
Preuves à réunir pour renforcer le dossier
Pour renforcer votre dossier, la qualité des preuves est primordiale. Privilégiez les documents officiels et irréfutables :
- Documents administratifs : Certificat de cession, dépôt de plainte, attestation d'assurance.
- Témoignages : Attestations sur l'honneur de tiers, accompagnées de copies de leurs pièces d'identité.
- Preuves de déplacement : Billets d'avion/train, factures d'hôtel, relevés de carte bancaire, relevés GPS.
- Photos ou vidéos : Pour prouver l'état des lieux, la signalisation, ou une erreur matérielle.
- Certificats médicaux : En cas d'urgence ou de force majeure.
Plus vos preuves sont objectives et vérifiables, plus vos chances de succès seront élevées. L'accès à votre dossier peut également révéler des informations utiles pour votre défense.
En conclusion, vos chances d'obtenir gain de cause sont réelles si votre contestation est fondée sur des éléments factuels et des preuves solides, et si vous respectez scrupuleusement les délais et la procédure. Une démarche rigoureuse est votre meilleur atout.
Cette analyse est indicative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit pour votre situation précise.
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Questions fréquentes
Quels sont les délais pour contester une amende routière ?
Les délais pour contester une amende routière sont de 45 jours pour une amende forfaitaire et de 30 jours pour une amende forfaitaire majorée. Ces délais courent à partir de la date d'envoi de l'avis de contravention ou de l'avis d'amende majorée. Il est crucial de respecter ces échéances, car une contestation hors délai sera déclarée irrecevable par l'Officier du Ministère Public.
Faut-il payer l'amende avant de la contester ?
Non, il ne faut jamais payer l'amende avant de la contester, car le paiement vaut reconnaissance de l'infraction et vous priverait de toute possibilité de recours. En revanche, pour certaines infractions (vitesse, stationnement), une consignation préalable est souvent exigée pour que votre contestation soit recevable. Cette consignation n'est pas un paiement et vous sera remboursée si votre contestation aboutit.
Quels documents dois-je joindre à ma contestation ?
Vous devez impérativement joindre l'original de l'avis de contravention et le formulaire de requête en exonération dûment rempli et signé. Selon votre motif de contestation, vous devrez également fournir des preuves spécifiques : copie de dépôt de plainte (vol, usurpation), certificat de cession de véhicule, attestation sur l'honneur d'un autre conducteur, billets de transport, factures, photos, etc. Un dossier complet et bien étayé est essentiel.
Que se passe-t-il si ma contestation est rejetée ?
Si votre contestation est rejetée par l'Officier du Ministère Public, vous en serez informé. Vous aurez alors la possibilité de former un recours contentieux devant le Tribunal de police dans un délai généralement de 30 jours après la notification du rejet. En l'absence de recours ou en cas de nouveau rejet, l'amende sera maintenue et pourra être majorée, entraînant le cas échéant un retrait de points.
Puis-je contester une amende si je n'étais pas le conducteur ?
Oui, si vous n'étiez pas le conducteur du véhicule au moment de l'infraction, vous pouvez contester l'amende. Vous devrez alors remplir le formulaire de requête en exonération en indiquant l'identité du réel conducteur (avec son attestation sur l'honneur, copie de permis et pièce d'identité) ou prouver que le véhicule a été volé ou vendu avant les faits. L'amende sera alors transférée au conducteur identifié ou annulée en cas de vol/vente.
Comment envoyer ma contestation pour qu'elle soit recevable ?
Pour garantir la recevabilité de votre contestation et avoir une preuve légale de votre démarche, il est fortement recommandé de l'envoyer par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à l'Officier du Ministère Public dont l'adresse est indiquée sur l'avis de contravention. Conservez précieusement le récépissé de dépôt et l'avis de réception.